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Mis à jour le vendredi 22 décembre 2017 

 
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Chou n° 100 - Regards sur la révolution Russe

 

Ce centième numéro du Chou fait un détour historique par la révolution russe dont c’est le centenaire cette année. S’il a plus de résonance dans la branche socialiste du mouvement ouvrier, il n’empêche que son héritage est lié à des questions fondamentales qui se posent toujours aujourd’hui à l’ensemble des travailleur.se.s, avec et sans emploi : existe-t-il un système économique moins destructeur des personnes, de la nature et de la démocratie que le capitalisme ? Si oui, lequel et comment le faire advenir ? Face à quasi 40 ans de recul social et d’absence de transition écologique, face à la colère des jeunes, aux occupations des places publiques et aux critiques du parlementarisme, mais aussi face aux sirènes intégristes et fascistes, le mouvement ouvrier et les partis de Gauche doivent se remettre en question et réévaluer leurs objectifs et leurs stratégies. Si nous sommes sourds, nous risquons de devenir complices.

Dans une société de l’immédiateté que ses promoteurs prétendent sans avenir ni passé, rappelons que l’histoire est pleine d’enseignements qui doivent nous aider à construire des chemins vers un avenir meilleur. Mais l’analyse et l’interprétation d’événements historiques ne sont pas neutres. Comme vous le lirez dans ce Chou, il nous faut encore en débattre et, de l’analyse partagée, faire émerger des stratégies adaptées au contexte actuel.

Le terme « révolution », compris ici comme changement radical de système économique, a été quasiment banni de nos organisations ou balayé d’un revers de la main comme un rêve naïf et inatteignable. Il nous faut être pragmatiques et responsables, en effet, et donc… tout faire pour sortir du capitalisme ! Les résultats dramatiques du modèle soviétique semblaient prouver que seule la voie socialdémocrate pouvait contribuer à améliorer le sort des populations. Mais depuis la chute du mur de Berlin, l’histoire montre la face destructrice du capitalisme et les tentatives de régulation aboutissent de moins en moins à des résultats tangibles et durables. Avec les printemps arabes et les mouvements d’occupation de places publiques, le terme « révolution » a refait surface.

Avec du recul, demandons-nous si la dégénérescence de la révolution russe en une bureaucratie totalitaire était le seul aboutissement possible du souffle démocratique et progressiste insufflé par les soviets. Et si l’on peut facilement être d’accord aujourd’hui sur le fait que le socialisme mis en oeuvre par Blair, Renzi ou Hollande n’a rien à voir avec le socialisme, ne pourrait-on aussi dissocier l’organisation économique en Union soviétique du projet socialiste décrit par Marx et Engels ?

Au delà de l’analyse historique, nous avons voulu alimenter le débat par trois positions volontairement partisanes. Evidemment la stratégie révolutionnaire y est défendue, vu le thème de ce numéro. La stratégie réformiste, celle qui prône une sortie progressive du capitalisme par la voie parlementaire en reprenant mesure après mesure du pouvoir au travers de la concertation, plus ou moins conflictuelle, avec le patronat, y a également sa place. Notons qu’il n’a pas été facile de trouver un auteur pour défendre cette thèse que certains qualifieront de « révolutionnaire » aujourd’hui, vu le glissement de la Gauche traditionnelle vers le centre, voire le centre droit. Alors qu’il y a un large consensus autour de la critique des conséquences du capitalisme, le remplacement de ce système par un autre n’est parfois même plus une perspective. A côté du désaccord historique entre défenseurs de la révolution et réformistes, émerge une troisième option, la réappropriation modérée de la voie prônée en son temps par la philosophie libertaire et les pratiques autogestionnaires. Il ne s’agit plus de changer le système mais de créer des micro-espaces qui fonctionnent selon d’autres règles que nous aurons définies collectivement. Là aussi, l’analyse historique de la reprise en main des coopératives par le marché – notamment celles du MOC –, devrait être faite pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

Plus encore que les numéros précédents, ce Chou vise à alimenter un débat que nous devons mener d’urgence. N’hésitez pas à nous communiquer vos réactions.

Myriam Djegham - Secrétaire fédérale du CIEP-MOC Bruxelles

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