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Mis à jour le vendredi 22 décembre 2017 

 
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Chou n° 94 - Pour le droit de toutes et tous à une sécurité sociale

 

Pouvoir payer les médicaments quand on est malade, ne pas tomber dans la pauvreté quand on perd son emploi, maintenir un niveau de vie digne quand on part à la retraite, ce sont des protections sociales minimales qu’une société qui se revendique moderne doit garantir à chacun/e. C’est l’article 22 de la Déclaration universelle des droits humains de 1948 « Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays. »

Pourtant ce minimum n’est pas atteint pour trois quarts de la population de la planète. Et là où des droits ont été conquis suite à des luttes, comme en Belgique, les politiques néolibérales s’acharnent à les détruire pour les jeter en pâture au marché et récupérer les profits qui pourraient en être dégagés (1) . Leurs stratégies consistent à détruire la solidarité organisée à travers la sécurité sociale et à en récupérer les moyens financiers. Pour les défenseurs des capitaux, il semble intolérable qu’une partie de la richesse produite échappe à la capitalisation et à la spéculation. C’est ce qui explique les mesures politiques visant à favoriser le deuxième et le troisième pilier des pensions (respectivement assurances-groupes, fonds de pension et épargne individuelle) au détriment du premier, le seul à « répartir » et donc à empêcher toute capitalisation. Les promoteurs de ce détricotage ne se soucient pas qu’une partie de la population glisse dans la pauvreté en l’absence de filet de sécurité sociale.

Comme l’écrivait Hedwige Peemans-Poullet (2) « On pourrait ramener l’ensemble de l’offensive néolibérale contre la sécurité sociale à un seul grand thème : en réduire l’importance. (…) réduire la part socialisée du revenu national, ou autrement dit, réduire la part de la protection sociale dans le PIB et permettre ainsi l’accroissement de la part des revenus privatisés et notamment la part du profit ».

Les ressources ne manquent pas pour financer la protection sociale. Selon le rapport du Crédit Suisse, la richesse mondiale a plus que doublé entre 2000 et 2013 atteignant le record historique de 226 000 milliards €. En Belgique, un travailleur produit deux fois plus aujourd’hui qu’en 1980 et le PIB/habitant continue à croître même si la croissance est moindre qu’avant la crise. La question principale n’est pas budgétaire mais bien politique. Elle concerne la répartition des richesses et la volonté ou non d’organiser la solidarité à l’échelle la plus large possible. Il nous faut définir la part des richesses qu’il convient de solidariser et socialiser. Et ceci dans un monde où l’accaparation des richesses n’a pas de limite. Pourquoi existe-t-il tant d’institutions internationales qui favorisent le commerce et l’investissement alors qu’il n’en existe aucune qui soit chargée de construire une sécurité sociale supra nationale ?

Notre colère face à ces injustices s’ancre dans un travail quotidien par et avec la population bruxelloise. C’est pourquoi nous avons voulu mener la campagne Protection sociale au niveau régional. Nous récoltons et débattons des souffrances et des espérances face au chômage, aux difficultés d’accéder aux soins de santé et aux risques de dégradation des pensions, pour construire des actions collectives visant des transformations sociales. Vous trouverez une nouvelle touche, pleine d’humour dans sa mise en forme, à l’intérieur de ce numéro du Chou, il s’agit de notre journal de campagne. Si vous avez un témoignage ou une analyse à nous transmettre, si vous avez de l’énergie, de la colère et des rêves, à transformer en actes, si vous aspirez à une meilleure protection sociale, contactez nous !

(1) Par exemple, selon l’Internationale des Services Publics, les profits potentiels de la privatisation de la santé dans les 50 pays négociant actuellement le TISA – accord sur la commercialisation des services – s’élèveraient à quelque 5 600 milliards €. (2) Dans les Cahiers Marxistes n°203, 1996.

Myriam Djegham - Secrétaire fédérale MOC-CIEP Bruxelles

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