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Mis à jour le vendredi 22 décembre 2017 

 
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Chou n° 97 - ô temps, suspend ton vol !
strophe extraite d’un poème de Lamartine

 

Ne serait-il pas enfin temps de vivre au lieu de perdre notre temps à enrichir les détenteurs de capitaux ?

Depuis Les temps modernes de Chaplin, les progrès techniques et l’organisation du travail permettent de produire chaque jour plus de richesses en moins d’heures travaillées. Ce qui nécessitait cinq heures de travail en 1950 n’en exige plus qu’une aujourd’hui.

Il fut un temps où l’on aurait imaginé jouir de ces quatre heures épargnées, pour aimer, lire, rire, partager ou paresser. Mais les temps sont durs pour les travailleur.se.s et le temps libre récupéré s’est transformé en chômage ou en temps partiel mal payé pour les uns, pour les unes surtout, alors que d’autres croulent et craquent sous des emplois du temps qui tournent fou. Et pendant ce temps, si les travailleur.se.s ont profité d’une petite partie de ces gains de productivité via des réductions de prix ou à l’amélioration des produits, l’essentiel de la valeur réalisée grâce à ces quatre heures « gagnées » a filé et file encore dans les poches des actionnaires sous forme de dividendes supplémentaires.

Mais voler notre temps ne leur suffit pas : les bénéficiaires du capitalisme cherchent à marchandiser ce qu’il nous reste de temps libre, à annihiler notre esprit critique et à dérober nos rêves. Pas question de laisser filer le temps, même le dimanche devrait servir à travailler et à consommer. Pour être heureux, il faudrait travailler toujours plus dans un monde où la seule perspective d’accomplissement serait l’emploi, denrée rare qu’il faudrait « mériter ». Le matraquage passe aussi bien par des slogans et des rayons entiers de livres, que par des mesures politiques. Annualisation du temps de travail, recul de l’âge de la retraite, horaires flexibles, limitation de l’accès aux crédits temps et aux pré-pensions … voilà autant de manière de ren- forcer l’emprise sur notre temps, et donc, sur nos vies.

Le temps est venu de reprendre la lutte pour une Réduction Collective du Temps de Travail à la hauteur des enjeux de notre temps. Le temps presse !

Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à ce Chou en pre- nant le temps de rédiger un article, de répondre aux questions lors d’une interview, ou d’écrire en quelques lignes un coup de gueule ou de coeur sur la RCTT.

L’écriture est une belle manière d’affirmer notre droit au temps libre.

Myriam Djegham, secrétaire fédérale CIEP-MOC Bruxelles

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