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Mis à jour le mercredi 16 mai 2012 

 
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LE SYSTEME DE SANTE

 

En 1993, une loi modifia profondément l’accès aux soins de santé des Colombiens. Dix ans après la promulgation de celle-ci, force est de constater que ce nouveau système de santé a institutionnalisé l’inégalité et que nombre de Colombiens vivent toujours sans aucune couverture santé.

La loi colombienne de 1993 instaura une nouvelle sécurité sociale en créant trois systèmes dans le secteur de la santé :
Le premier est le SISBEN (système des bénéficiaires) ou système subsidié : il couvre les personnes les plus pauvres et est financé par l’Etat. Il est géré par des A.R.S. (Administrations du Régime Subidié), qui peuvent être des organismes publics (municipalités par exemple) ou privés (coopératives ou caisses de compensation familiale). L’accès y est gratuit. Pour y prétendre, les personnes doivent prouver que leurs revenus se situent dans les strates 1 et 2, en dessous d’un certain revenu maximum. L’appartenance à l’une ou l’autre strate dépend d’une enquête sociale menée par des employés des municipalités. Des abus ont rapidement été constatés après le lancement de la loi : enquêtes faussées sur les revenus, mauvaise gestion des organismes intermédiaires du système, détournements de fonds. La loi, en fait, ne prévoyait pas de système de contrôle efficace et a, de ce fait, ouvert la porte aux abus.

Les travailleurs du secteur formel sont, quant à eux, couverts par le second système, le Seguro social. Équivalent à notre système belge, celui-ci est financé par les cotisations des travailleurs et des employeurs qui ont droit, grâce à leurs cotisations, aux prestations du P.O.S. (plan obligatoire de santé).

Le reste de la population, à savoir les plus riches, a recours au système pré-payé, organisé par des compagnies d’assurance, le plus souvent membres de multinationales, entre autres espagnoles.

Un système en déclin

Les 2 premiers systèmes sont aujourd’hui en perte de vitesse. Ainsi, beaucoup de personnes ont été exclues du système subsidié par l’instauration de critères de plus en plus stricts, se basant parfois sur les dépenses d’un ménage et non sur ses ressources. Ce glissement dans les critères traduit une véritable politique d’exclusion de l’accès aux soins. De plus, pour accéder au régime, des formalités administratives importantes doivent être accomplies, ce qui rebute certaines personnes qui viennent de perdre leur emploi. Enfin, la qualité des soins n’est souvent pas au rendez-vous et il en est de même pour l’accès aux médicaments.

Le système contributif connaît également des limites importantes : certains dispensateurs de soins y sont payés avec retard ou ne sont pas payés du tout et certaines pathologies sont exclues de la couverture du P.O.S. Par conséquent, la quasi-totalité des travailleurs du secteur formel, du moins ceux qui le peuvent, prennent une assurance complémentaire, soit auprès d’une coopérative de santé, soit auprès d’une caisse de compensation familiale, soit auprès d’une assurance privée. Plusieurs traitements, et singulièrement les plus coûteux, sont exclus de la couverture de base. Des stages ont été instaurés. Deux exemples : 1 an de stage pour un traitement des varices, presque 2 ans pour le traitement de certains cancers.

De l’aveu même du Ministre de la Protection sociale, rencontré en août 2004 à Bogota, plus de 12 millions de Colombiens (soit environ 1/4 de la population) n’a pas du tout de couverture santé, soit parce qu’ils habitent dans des régions sans aucune infrastructure de santé, soit parce que, chassés par la guérilla, ils viennent d’arriver dans une ville et ne connaissent pas leurs droits, soit parce qu’ils craignent de s’adresser à une institution officielle pour se faire aider. (1)

Ainsi, comme cette très brève description de la législation et de la réglementation d’accès aux soins de santé le montre, le système colombien est très complexe. Il est donc important de lutter pour une simplification du système et pour une plus grande accessibilité des Colombiens à celui-ci en organisant, entre autres, des campagnes d’informations afin de prévenir les plus démunis de leurs droits.

Pour en savoir plus, consultez le site SALUD COLOMBIA très bien documenté ou les sites d’organismes de santé colombiens :
- caisse de compensation familiale : CAFAM
- coopérative de santé : COOMEVA
- le Secrétariat de la santé de Bogota : SALUD CAPITAL

(1) Il ne fait pas de doute que le nombre de personnes exclues de toute couverture santé soit encore bien plus élevé que celui estimé par le ministre.

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